Par Jean Pierre Crochet, samedi 10 novembre 2007 à 06:15
C'est en présence de Monsieur le Député Philippe Folliot, de Monsieur Francis Vieu, Président de l'Amicale des anciens élèves, de Monsieur Jean-Claude Prat, Proviseur du lycée Borde Basse que s'est déroulée la traditionnelle cérémonie commémorant la signature de l'armistice le 11 novembre 1918.
Les lycéens de la Borde Basse, les collégiens de Jean Jaurès, l'amicale des anciens élèves ont déposé des gerbes au pied des stèles rappelant le sacrifice de toute une jeunesse.
Cette cérémonie a revêtu cette année une solennité particulière du fait de la présence d'un détachement de 10 hommes du 8ème RPIMA et de leur officier et de la proximité du départ de nos 50 élèves de troisième qui se rendent à Verdun dès lundi.
"Moi, Jean Richard, je ne suis qu'un soldat parmi tant d'autres. Fatalement, dans ce train, serré dans mon uniforme bleu, le regard perdu dans le vide, je me sens inutile. Tout autour de moi, je vois des accolades, des embrassades, des au revoirs larmoyants. Quand j'essaie d'imaginer la peine de tous ces gens, je m'estime heureux d'avoir été seul. Sans femme, ni enfant, à quoi servirait-il de m'attrister puisque je ne manquerai à personne. J'ai la certitude d'aller droit dans la gueule du loup. Quand je serai parti, il ne restera aucune trace de mon existence en ce monde, mais cela m'importe peu. Si c'est en enfer qu'on m'envoie, cela ne pourra pas être pire que celui que j'ai vécu jusqu'alors. Je ne vois là qu'une piètre consolation, mais je m'en irai comme je suis venu : solitaire et inconnu de tous à jamais." (Mémoires d'un soldat inconnu)
"Minuit : départ, nous sommes avertis que la route sera très périlleuse. En effet, nous mettons 5 heures pour parcourir 2 kilomètres environ sous un feu de canon et mitrailleuses infernal. Il fallait descendre une côte pour arriver dans un ravin nommé ravin de la Dame et surnommé "Ravin de la mort", entre la cote 345, Fleury et cote de Froideterre. C'est bien son nom, le bois de la folie, en granit ses pentes ; il n'en reste que quelques troncs ça et là. D'énormes trous d'obus sont sur notre passage. La terre détrempée ne forme qu'une pâte dans ces trous unis par cette dernière, aussi je trébuche à tous les pas, m'enfonçant plusieurs fois dans cette fange, de la boue jusqu'aux oreilles. Beaucoup de camarades sont étendus sur mon passage. Pas de respect humain, chacun marche indifféremment sur ces cadavres. Beaucoup sont plongés dans la boue, ne sortant que la tête ; ils appellent en vain au secours pour être aidés à sortir du gouffre : chacun passe indifférent, heureux celui qui peut sortir seul de ce passage. Pas même les blessés sont secourus, ils se résignent à mourir où ils tombent. Combien on en trouve sac au dos criant de toutes leurs forces étendus sur cette terre qui leur servira de tombeau, sans même être enterrés." (Carnet d'Anselme Charperet, 18 ans, affecté au 99ème régiment d'infanterie, envoyé à Verdun le 14 avril 1916)
Un grand merci aux soldats et officiers du 8ème Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine.
Les lycéens de la Borde Basse, les collégiens de Jean Jaurès, l'amicale des anciens élèves ont déposé des gerbes au pied des stèles rappelant le sacrifice de toute une jeunesse.
Cette cérémonie a revêtu cette année une solennité particulière du fait de la présence d'un détachement de 10 hommes du 8ème RPIMA et de leur officier et de la proximité du départ de nos 50 élèves de troisième qui se rendent à Verdun dès lundi.
"Moi, Jean Richard, je ne suis qu'un soldat parmi tant d'autres. Fatalement, dans ce train, serré dans mon uniforme bleu, le regard perdu dans le vide, je me sens inutile. Tout autour de moi, je vois des accolades, des embrassades, des au revoirs larmoyants. Quand j'essaie d'imaginer la peine de tous ces gens, je m'estime heureux d'avoir été seul. Sans femme, ni enfant, à quoi servirait-il de m'attrister puisque je ne manquerai à personne. J'ai la certitude d'aller droit dans la gueule du loup. Quand je serai parti, il ne restera aucune trace de mon existence en ce monde, mais cela m'importe peu. Si c'est en enfer qu'on m'envoie, cela ne pourra pas être pire que celui que j'ai vécu jusqu'alors. Je ne vois là qu'une piètre consolation, mais je m'en irai comme je suis venu : solitaire et inconnu de tous à jamais." (Mémoires d'un soldat inconnu)
"Minuit : départ, nous sommes avertis que la route sera très périlleuse. En effet, nous mettons 5 heures pour parcourir 2 kilomètres environ sous un feu de canon et mitrailleuses infernal. Il fallait descendre une côte pour arriver dans un ravin nommé ravin de la Dame et surnommé "Ravin de la mort", entre la cote 345, Fleury et cote de Froideterre. C'est bien son nom, le bois de la folie, en granit ses pentes ; il n'en reste que quelques troncs ça et là. D'énormes trous d'obus sont sur notre passage. La terre détrempée ne forme qu'une pâte dans ces trous unis par cette dernière, aussi je trébuche à tous les pas, m'enfonçant plusieurs fois dans cette fange, de la boue jusqu'aux oreilles. Beaucoup de camarades sont étendus sur mon passage. Pas de respect humain, chacun marche indifféremment sur ces cadavres. Beaucoup sont plongés dans la boue, ne sortant que la tête ; ils appellent en vain au secours pour être aidés à sortir du gouffre : chacun passe indifférent, heureux celui qui peut sortir seul de ce passage. Pas même les blessés sont secourus, ils se résignent à mourir où ils tombent. Combien on en trouve sac au dos criant de toutes leurs forces étendus sur cette terre qui leur servira de tombeau, sans même être enterrés." (Carnet d'Anselme Charperet, 18 ans, affecté au 99ème régiment d'infanterie, envoyé à Verdun le 14 avril 1916)
Un grand merci aux soldats et officiers du 8ème Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine.

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