En 2006, un Français sur quatre de plus de 15 ans n'a lu aucun livre, et 38% des lecteurs lisent moins de dix livres par an (hors bande dessinée) contre 24% en 1973", relève Alain Absire, écrivain, président de la Société des gens de lettres, dans une tribune accordée au Figaro. Selon lui, "le signe de plus en plus approximatif et l'image qui dé­file gratuitement sur tous les écrans, via le Web, l'emportent sur le sens".
Pourtant avec les "chats, les blogs, les SMS, et autres sites d'échange et de partage… on n'a jamais autant écrit ni au­tant lu", explique-t-il. Mais d'ajouter, "sans le livre, désacralisé, découpé et trituré à volonté sur la Toile, et sans les normes qu'il impose, l'écrit prolifère de façon anarchique". D'ailleurs, pour l'écrivain, le résultat est préoccupant : comment s'intégrer dans notre société si le seul langage que l'on pratique est approximatif, codé et réservé à une nouvelle population d'illettrés qui écrivent pho­nétiquement comme ils parlent ?
Alain Absire estime alors ur­gent le renforcement du réseau des médiateurs de proximité. Ecoles, librairies, bibliothèques, associa­tions, maisons d'écrivain, relais sociaux, etc., toutes les énergies doivent être fédérées. Il souligne également l'importance de tisser le lien social. Il prend ainsi l'exemple de l'opération "A l'école des écrivains, des mots partagés", qui permet à trente et un col­lèges de travailler directement avec des écrivains. Toutefois, Alain Absire précise que "pour que le nombre des 'sacrifiés' se ré­duise, elle doit être l'amorce d'un plan d'action à l'échelle nationale".
Source : Le Figaro - Article paru dans NousVousIls.fr