Par Jean Pierre Crochet, mercredi 2 avril 2008 à 05:48
à l'ère du numérique.
Etude réalisée par Christine Dion de l'INRP- Equipe EducTICE.
Morceaux choisis :
La fracture numérique scolaire : "les adultes ont majoritairement de l’outil informatique une perception beaucoup plus utilitaire et souvent ancrée dans une réalité professionnelle. Les adolescents entretiennent avec l’objet-ordinateur une relation de complicité et de bienveillance qui découle de leurs usages principalement tournés vers des activités ludiques ou de communication."
Les TIC, sujet de discordes :
"Ainsi, le temps quotidien que les élèves passent aujourd’hui derrière l’ordinateur fait problème pour les enseignants : j’en connais qui sont dans l’excès, comme une drogue. Ce contexte les met dans une situation paradoxale : d’un côté, ils doivent mettre en garde leurs élèves quant au risque d’addiction numérique et en même temps, par injonction institutionnelle, ils doivent les initier à ces technologies. Du côté des lycéens, certains reconnaissent avoir des comportements addictifs : ils ont conscience que la durée de leurs activités ludiques derrière l’écran va leur nuire car elles se font au détriment du travail scolaire. Dans cette situation, ils expriment un malaise, allant jusqu’à souhaiter des solutions rapides et de préférence techniques, pour limiter cette dépendance (Dioni 2005). Les TIC ont envahi le quotidien des adolescents et le défaut d’accompagnement de leur utilisation porte aujourd’hui à conséquence. Cette question du temps perdu avec l’ordinateur est posée autant dans les conseils de classe que dans la vie quotidienne familiale, souvent en termes conflictuels : ils refusent d’admettre qu’ils y passent du temps.Au-delà de ce premier grief professeurs/élèves, qui semble prendre de l’ampleur, les jugements portés par les enseignants sur les utilisations que font les élèves de l’ordinateur sont souvent sévères sur deux points : les savoir-faire et les usages. Ils se montrent surpris et déçus par le faible niveau de compétence de leurs élèves avec les TIC. Ils tombent de haut devant des difficultés imprévues qui apparaissent lors d’exercices faits en classe et qui portent sur des manipulations basiques : j’ai des élèves qui ne savent même pas utiliser le mail ! C’est catastrophique sur EXCEL ! . Pourtant, l’aisance des lycéens et collégiens avec les technologies paraît être une évidence dans la société de l’information, au point qu’ils inversent les rôles et deviennent les initiateurs des adultes. Cette situation certes se vérifie dans le quotidien de la classe, les enseignants apprécient le soutien que peuvent leur apporter certains élèves durant les séquences en classe avec les TIC. La rapidité d’appropriation des jeunes générations placées devant des outils nouveaux est également un constat partagé. Leur motivation pour la navigation sur Internet leur donne une habileté en matière de recherche documentaire. Mais derrière cette aisance apparente, se cachent des lacunes en rupture avec l’image « génération branchée » fortement véhiculée. Mis à part quelques élèves, parfois issus de milieux favorisés leur permettant d’avoir un accompagnement parental, l’habileté d’une majorité avec les technologies reste partielle car liée aux usages qu’ils en ont. Ces usages familiers, dans la sphère privée, éloignés des préoccupations scolaires, les préparent mal aux utilisations « professionnelles » utiles à leur « métier » d’élève."
Lire l'intégralité de l'étude.
Etude réalisée par Christine Dion de l'INRP- Equipe EducTICE.
Morceaux choisis :
La fracture numérique scolaire : "les adultes ont majoritairement de l’outil informatique une perception beaucoup plus utilitaire et souvent ancrée dans une réalité professionnelle. Les adolescents entretiennent avec l’objet-ordinateur une relation de complicité et de bienveillance qui découle de leurs usages principalement tournés vers des activités ludiques ou de communication."
Les TIC, sujet de discordes :
"Ainsi, le temps quotidien que les élèves passent aujourd’hui derrière l’ordinateur fait problème pour les enseignants : j’en connais qui sont dans l’excès, comme une drogue. Ce contexte les met dans une situation paradoxale : d’un côté, ils doivent mettre en garde leurs élèves quant au risque d’addiction numérique et en même temps, par injonction institutionnelle, ils doivent les initier à ces technologies. Du côté des lycéens, certains reconnaissent avoir des comportements addictifs : ils ont conscience que la durée de leurs activités ludiques derrière l’écran va leur nuire car elles se font au détriment du travail scolaire. Dans cette situation, ils expriment un malaise, allant jusqu’à souhaiter des solutions rapides et de préférence techniques, pour limiter cette dépendance (Dioni 2005). Les TIC ont envahi le quotidien des adolescents et le défaut d’accompagnement de leur utilisation porte aujourd’hui à conséquence. Cette question du temps perdu avec l’ordinateur est posée autant dans les conseils de classe que dans la vie quotidienne familiale, souvent en termes conflictuels : ils refusent d’admettre qu’ils y passent du temps.Au-delà de ce premier grief professeurs/élèves, qui semble prendre de l’ampleur, les jugements portés par les enseignants sur les utilisations que font les élèves de l’ordinateur sont souvent sévères sur deux points : les savoir-faire et les usages. Ils se montrent surpris et déçus par le faible niveau de compétence de leurs élèves avec les TIC. Ils tombent de haut devant des difficultés imprévues qui apparaissent lors d’exercices faits en classe et qui portent sur des manipulations basiques : j’ai des élèves qui ne savent même pas utiliser le mail ! C’est catastrophique sur EXCEL ! . Pourtant, l’aisance des lycéens et collégiens avec les technologies paraît être une évidence dans la société de l’information, au point qu’ils inversent les rôles et deviennent les initiateurs des adultes. Cette situation certes se vérifie dans le quotidien de la classe, les enseignants apprécient le soutien que peuvent leur apporter certains élèves durant les séquences en classe avec les TIC. La rapidité d’appropriation des jeunes générations placées devant des outils nouveaux est également un constat partagé. Leur motivation pour la navigation sur Internet leur donne une habileté en matière de recherche documentaire. Mais derrière cette aisance apparente, se cachent des lacunes en rupture avec l’image « génération branchée » fortement véhiculée. Mis à part quelques élèves, parfois issus de milieux favorisés leur permettant d’avoir un accompagnement parental, l’habileté d’une majorité avec les technologies reste partielle car liée aux usages qu’ils en ont. Ces usages familiers, dans la sphère privée, éloignés des préoccupations scolaires, les préparent mal aux utilisations « professionnelles » utiles à leur « métier » d’élève."
Lire l'intégralité de l'étude.

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