Pour la première fois en France, les politiques de lutte contre la pauvreté pourront être évaluées, chaque automne, au moyen d'un "tableau de bord", que s'apprête à présenter le haut-commissariat aux solidarités actives de Martin Hirsch. Cet instrument de mesure, qui comprend 15 indicateurs principaux et 18 complémentaires, devrait notamment permettre de vérifier si l'engagement du chef de l'Etat de réduire la pauvreté d'un tiers en cinq ans sera tenu ou non.
Actuellement, 7,1 millions de personnes, soit 12,1 % de la population, vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 817 euros de revenu par mois en 2005.
Extrait de l'article du Monde du 7 mai.
- La pauvreté des personnes âgées n’est pas suffisamment prise en compte dans le tableau de bord. Elle doit faire l’objet d’un objectif spécifique, accompagné d’un indicateur à définir. Par ailleurs, le taux d’emploi des seniors doit être suivi pour les 55-59 ans d’une part, et des 60-64 ans d’autre part afin de prendre en compte l’âge légal de départ à la retraite.
- Le taux de jeunes ni en emploi ni en formation (catégorie des 18-24 ans) ne permet pas de tenir compte l’ensemble des jeunes en apprentissage. Il faut donc étudier la possibilité d’élargir la catégorie aux 16-25 ans.
- Les indicateurs de qualité et d’accès à l’emploi pourront être améliorés grâce aux recommandations du groupe de travail « travail, emploi, précarité » du CNIS.
- De nombreux indicateurs sur la qualité du logement (surpeuplement, saturnisme, etc.) et sur l’hébergement d’urgence ont été évoqués. Ils ne peuvent être intégrés dans ce tableau de bord général sur la pauvreté. Ceux-ci doivent être suivis dans le cadre d’un tableau de bord thématique, qui sera élaboré en lien avec les acteurs concernés.
- Le bilan de santé gratuit pourrait constituer un indicateur plus large de l’égalité d’accès aux soins ; cette proposition va être étudiée. D’autres indicateurs sur l’accès aux soins ont été évoqués ; ils doivent être suivis, comme pour le logement, dans le cadre d’un tableau de bord thématique.
- Il a été proposé de suivre le taux de bancarisation en plus du nombre de personnes surendettées. L’indicateur avait déjà été discuté dans le groupe de travail thématique de la DGAS consacré à l’exclusion bancaire et financière. Il n’avait finalement pas été retenu car l’exclusion bancaire constitue un phénomène dont l’évolution est difficile à suivre dans le cadre d’un tableau de bord général sur la pauvreté.
- Le ressenti des personnes en situation de pauvreté est appréhendé indirectement par le taux de difficultés en conditions de vie. Un travail est mené à l’INSEE afin d’actualiser la liste des items retenus dans la construction de l’indicateur, en association avec les personnes en situation de pauvreté.
- Le tableau de bord constitue un outil national. Dans la mesure du possible, il est important qu’il soit décliné localement afin de prendre en compte les spécificités territoriales et de permettre son appropriation par les différentes collectivités impliquées dans la lutte contre la pauvreté.
- Dans le tableau synthétique, une nouvelle colonne précisera le dernier niveau connu de l’indicateur (en effectif ou en taux), parallèlement aux tendances récentes d’évolution.
Compte rendu de la réunion de consultation sur le tableau de bord de suivi de l’objectif de baisse de la pauvreté. Cabinet de Martin Hirsch.