Par Jean Pierre Crochet, lundi 26 mai 2008 à 06:06
Le marketing télévisuel a contribué à une forme d’« inversion générationnelle », où les jeunes deviennent prescripteurs et les adultes infantilisés.
Pour le philosophe Bernard Stiegler enfants et adolescents ont été transformés en « tranches » et en « cibles » par le marketing télévisuel de la société de consommation qui en a fait des prescripteurs, les adultes eux ont été infantilisés. Cette "inversion générationnelle" serait, selon lui, responsable d'une véritable « ruine de l'éducation ». Bernard Stiegler dénonce l'impact désastreux de la surconsommation de télévision sur l'apprentissage intellectuel. Pour lui, cela reste un enjeu majeur dans le cadre de la « bataille de l'intelligence ». « La condition préalable à tout renouveau du système éducatif est que le milieu symbolique industriel dans lequel vivent les enfants, les adolescents, les jeunes gens, leurs professeurs et leurs parents, ne fasse pas systématiquement obstacle à la construction des savoirs. »
Un adolescent qui regarde la télévision plus de trois heures par jour divise par deux ses chances de suivre des études supérieures par rapport à ceux qui la regardent moins d'une heure.
Pour l'auteur, l'usage excessif de la télévision « engendre le degré zéro de la pensée ». Les médias, concentrés dans les mains de quelques groupes (Vivendi, Lagardère, Bouygues...) peuvent s'ériger ainsi en « ministère caché de la culture mondiale ».
"Prendre soin de la jeunesse et des générations" par Bernard Stiegler Flammarion, 342 pages, 22 euros.
Bernard Stiegler, philosophe, est directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou. Il a également été directeur de programme au Collège international de philosophie, directeur général adjoint de l’INA, puis directeur de l’IRCAM. Il est notamment l’auteur de :
La Télécratie contre la démocratie (Flammarion, 2006)
De la démocratie participative, avec Marc Crépon (Mille et une nuits 2007)
Économie de l’hypermatérialité et psychopouvoir, avec Philippe Petit et Vincent Bontems (Mille et une nuits, 2008)
Pour le philosophe Bernard Stiegler enfants et adolescents ont été transformés en « tranches » et en « cibles » par le marketing télévisuel de la société de consommation qui en a fait des prescripteurs, les adultes eux ont été infantilisés. Cette "inversion générationnelle" serait, selon lui, responsable d'une véritable « ruine de l'éducation ». Bernard Stiegler dénonce l'impact désastreux de la surconsommation de télévision sur l'apprentissage intellectuel. Pour lui, cela reste un enjeu majeur dans le cadre de la « bataille de l'intelligence ». « La condition préalable à tout renouveau du système éducatif est que le milieu symbolique industriel dans lequel vivent les enfants, les adolescents, les jeunes gens, leurs professeurs et leurs parents, ne fasse pas systématiquement obstacle à la construction des savoirs. »
Un adolescent qui regarde la télévision plus de trois heures par jour divise par deux ses chances de suivre des études supérieures par rapport à ceux qui la regardent moins d'une heure.
Pour l'auteur, l'usage excessif de la télévision « engendre le degré zéro de la pensée ». Les médias, concentrés dans les mains de quelques groupes (Vivendi, Lagardère, Bouygues...) peuvent s'ériger ainsi en « ministère caché de la culture mondiale ».
"Prendre soin de la jeunesse et des générations" par Bernard Stiegler Flammarion, 342 pages, 22 euros.
Bernard Stiegler, philosophe, est directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou. Il a également été directeur de programme au Collège international de philosophie, directeur général adjoint de l’INA, puis directeur de l’IRCAM. Il est notamment l’auteur de :
La Télécratie contre la démocratie (Flammarion, 2006)
De la démocratie participative, avec Marc Crépon (Mille et une nuits 2007)
Économie de l’hypermatérialité et psychopouvoir, avec Philippe Petit et Vincent Bontems (Mille et une nuits, 2008)

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