Par Jean Pierre Crochet, lundi 2 juin 2008 à 05:59
Le recteur Olivier Dugrip a ouvert, mercredi 28 mai 2008 au lycée Pierre-Paul Riquet à Saint-Orens-de-Gameville, un important séminaire interministériel en présence de Roland Hodel, préfet chargé de mission au ministère de l’Intérieur, du général Rouquier, Commandant la Région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, de Jean-Pierre Sola, directeur départemental adjoint de la police nationale, de Patrice Davost, procureur général près la Cour d’Appel de Toulouse et de Marie-Luce Grandemange, substitut général près la Cour l’Appel de Toulouse.
Morceaux choisis de l'intervention de Monsieur le Recteur :
"L’agressivité, les incivilités, le harcèlement et les violences physiques sont aujourd’hui le lot quotidien de nombreux établissements d’enseignement, où se cristallisent des tensions permanentes. Différentes formes de violences ont envahi les écoles, les collèges et les lycées, du moins dans certaines zones. Cette violence ne constitue toutefois pas un phénomène récent."
"...des violences multiformes ont toujours été observées dans les écoles et il n’en apparaît pas moins qu’elles s’étendent de plus en plus dans de nombreux établissements, provoquant la montée d’un sentiment d’insécurité exacerbé. L’ensemble de ces violences ne concerne le plus souvent que les seuls élèves, survenant particulièrement dans les cours de récréation ou aux abords des établissements. Les protagonistes sont de plus en plus jeunes et commencent dès l’école primaire. L’amplification de ce phénomène - et son évolution observée depuis par de nombreux chercheurs et professionnels de l’éducation - appelle des réponses urgentes et opérationnelles pour accompagner les équipes éducatives qui y sont confrontées."
"Au cours de l’année scolaire 2005-2006, dernières statistiques nationales disponibles, on dénombrait 82 064 incidents de violence grave : trois établissements sur quatre ont renseigné l’enquête interne de l’éducation nationale. Ceci représente 14 incidents déclarés par établissement ou encore 2,5 incidents pour 100 élèves."
"Il y a une dizaine d’années ces violences étaient masquées, sinon niées. Aujourd’hui, elles sont hyper-médiatisées, répandant immédiatement un sentiment d’angoisse. La violence nous émeut plus que ne le justifie sa réalité quantitative. On s’interroge alors sur la fonction de tamis contre la violence de l’extérieur, contre la délinquance urbaine, que l’école ne serait plus en mesure de remplir correctement. C’est tout notre idéal éducatif qui s’en trouverait menacé."
"Cependant, les difficultés importantes qu’elle (l'école) rencontre apparaissent liées surtout à quatre facteurs : l’effritement de l’autorité – en particulier celle des institutions ; le rôle devenu central, parfois exclusif, de l’école comme institution d’éducation ; la contestation, parfois, du travail des équipes éducatives, et des enseignants en particulier, qui, dans leur fonction de diffusion du savoir, subissent une concurrence très forte d’autres sources d’information et de connaissance ; la démocratisation de l’école qui, bien réelle, n’en est pas moins restée incomplète et parvient difficilement à réduire certaines inégalités."
"A bien des égards, l’école est en décalage par rapport à la culture d’aujourd’hui. La demande d’éducation reste forte mais l’évolution de la société, par l’individualisation qui s’y développe, par la remise en question de toute discipline collective, par la priorité donnée au temps le plus court, celui de l’événement, par la culture de la négociation devenue permanente, rend plus difficile la réponse à cette demande."
Morceaux choisis de l'intervention de Monsieur le Recteur :
"L’agressivité, les incivilités, le harcèlement et les violences physiques sont aujourd’hui le lot quotidien de nombreux établissements d’enseignement, où se cristallisent des tensions permanentes. Différentes formes de violences ont envahi les écoles, les collèges et les lycées, du moins dans certaines zones. Cette violence ne constitue toutefois pas un phénomène récent."
"...des violences multiformes ont toujours été observées dans les écoles et il n’en apparaît pas moins qu’elles s’étendent de plus en plus dans de nombreux établissements, provoquant la montée d’un sentiment d’insécurité exacerbé. L’ensemble de ces violences ne concerne le plus souvent que les seuls élèves, survenant particulièrement dans les cours de récréation ou aux abords des établissements. Les protagonistes sont de plus en plus jeunes et commencent dès l’école primaire. L’amplification de ce phénomène - et son évolution observée depuis par de nombreux chercheurs et professionnels de l’éducation - appelle des réponses urgentes et opérationnelles pour accompagner les équipes éducatives qui y sont confrontées."
"Au cours de l’année scolaire 2005-2006, dernières statistiques nationales disponibles, on dénombrait 82 064 incidents de violence grave : trois établissements sur quatre ont renseigné l’enquête interne de l’éducation nationale. Ceci représente 14 incidents déclarés par établissement ou encore 2,5 incidents pour 100 élèves."
"Il y a une dizaine d’années ces violences étaient masquées, sinon niées. Aujourd’hui, elles sont hyper-médiatisées, répandant immédiatement un sentiment d’angoisse. La violence nous émeut plus que ne le justifie sa réalité quantitative. On s’interroge alors sur la fonction de tamis contre la violence de l’extérieur, contre la délinquance urbaine, que l’école ne serait plus en mesure de remplir correctement. C’est tout notre idéal éducatif qui s’en trouverait menacé."
"Cependant, les difficultés importantes qu’elle (l'école) rencontre apparaissent liées surtout à quatre facteurs : l’effritement de l’autorité – en particulier celle des institutions ; le rôle devenu central, parfois exclusif, de l’école comme institution d’éducation ; la contestation, parfois, du travail des équipes éducatives, et des enseignants en particulier, qui, dans leur fonction de diffusion du savoir, subissent une concurrence très forte d’autres sources d’information et de connaissance ; la démocratisation de l’école qui, bien réelle, n’en est pas moins restée incomplète et parvient difficilement à réduire certaines inégalités."
"A bien des égards, l’école est en décalage par rapport à la culture d’aujourd’hui. La demande d’éducation reste forte mais l’évolution de la société, par l’individualisation qui s’y développe, par la remise en question de toute discipline collective, par la priorité donnée au temps le plus court, celui de l’événement, par la culture de la négociation devenue permanente, rend plus difficile la réponse à cette demande."

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