Un jeune sur six quitte le secondaire sans diplôme chaque année et se retrouve exposé au chômage et à la précarité, déplore le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) dans un rapport paru jeudi jugeant l'action publique "pas à la hauteur".
Il faut rappeler que le taux de chômage des jeunes non-diplômés, cinq ans après avoir quitté l'école (41% en 2005), atteint le double du reste de leur tranche d'âge . A la fin des années 70, le taux de chômage était « seulement » à 18%. Mais depuis, les gains de productivité ont détruit des emplois non qualifiés et rendent encore plus difficile l’insertion.
> Pour le Cerc, dont le président est Christian Forestier également membre du Haut Conseil de l’éducation, il faut revoir le système scolaire et mieux repérer ceux qui "décrochent": "l'exemple de la Finlande démontre que c'est réaliste mais cela demandera plus d'une décennie". En Finlande, presque 100% des jeunes achèvent l'enseignement fondamental obligatoire, totalement gratuit. Le redoublement est proscrit, les élèves, généralement pas notés avant 12 ans, accèdent à partir de 13 ans à des entretiens individuels réguliers avec des conseillers d'orientation.
Source Philippe Watrelot


Extraits du rapport :
Quitter la formation initiale sans parvenir à un niveau de connaissances et de compétences suffisant, c’est s’engager dans le monde du travail, dans l’âge adulte avec de lourds handicaps. En 2004, 117 000 jeunes sont sortis de formation initiale sans diplôme du second cycle de l’enseignement secondaire. Ces sorties sans diplôme représentent environ 17 % de chaque génération. En France, tout particulièrement, la reprise d’études est rare. Sortir sans diplôme de l’enseignement initial conduit donc à une probabilité très élevée de ne pas en acquérir un au long de sa vie active.
Sortir sans diplôme, c’est aussi sortir en situation d’échec. La norme sociale est en effet devenue la poursuite des études jusqu’à la fin du secondaire (général ou professionnel) et non plus la sortie à la fin de l’enseignement obligatoire.
Ne pas disposer de diplôme, c’est aussi être repéré comme en échec par les employeurs potentiels. Dans un marché du travail qui s’est durablement éloigné du plein emploi et où la pression à la flexibilité et à la productivité immédiate est grande, les jeunes sans diplôme cumulent bien malgré eux les difficultés d’insertion résultant des évolutions de notre société d’autant plus que nombre de ces jeunes sont stigmatisés par leurs origines (ethniques, sociales, géographiques).
Dans la situation présente, les finances publiques s’épuisent dans une lutte contre le chômage au travers d’emplois subventionnés via des allègements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires ou d’aides massives aux emplois de services à la personne (CERC, 2008).
L’urgence est donc d’abord de lutter contre l’échec au cours de la formation initiale. Mais il est maintenant bien connu qu’il se joue dès l’entrée à l’école, voire auparavant ; il ne fait que s’amplifier en cours de scolarité. Il est également bien connu qu’il résulte d’une interférence entre les origines sociales et culturelles des familles et notamment les situations de pauvreté et le fonctionnement du système scolaire.