Par Jean Pierre Crochet, dimanche 7 septembre 2008 à 07:44
"Le courage n'est pas de peindre cette vie comme un enfer, puisqu'elle en est un : mais de la voir comme telle et de maintenir, malgré tout, l'espoir du paradis."
"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."
Extrait d'une interview de C. Bobin parue dans Nouvelles clés :
N. C. : En vous lisant, on se dit que, pour vous, l’essentiel tient aux détails...
C. B. : Ça va avec le reste, avec cet autre système mental - le mot “système” me heurte un peu, mais pour aller vite je le dirai quand même - : ce mélange d’apathie et de détachement, qui permet une acuité formidable sur ce qui se passe. Au fond, c’est aussi bête que ça. C’est-à-dire que je me sens, dans la société, comme le gosse dans la cour de récréation qui ne participe pas aux jeux des autres. Ce n’est pas qu’il soit rejeté. Ce n’est pas qu’il méprise les autres - j’étais plutôt éperdu d’admiration. Mais je faisais toujours un pas de côté... Tous les enfants sont là, dans la cour, ils sautent, ils crient, ils jouent. Et c’est très bien.
Mais il y en a un qui est à l’écart, assis dans un coin, et qui regarde. Il a une vue fabuleuse sur ce qui se passe. Eh bien, pour moi, cette situation n’a jamais pris fin. Je suis toujours là, assis dans la cour de récréation."
Né le 24 avril 1951 au Creusot (71) de parents ouvriers, enfant solitaire, fait des études de philosophie, il écoute les êtres et les choses et il écrit. Cela lui suffit et remplit sa vie.
À lire de Christian Bobin :
«Louise Amour» aux éditions Gallimard - 2004
- La Part manquante. - La femme à venir. - Une petite robe de fête. - Le très-bas. - L'inespérée. - La folle allure. - La plus que vive. - Autoportrait au radiateur. - Geai.
Aux Editions Fata Morgana
- Souveraineté du vide - collection Folio - L'homme du désastre - Lettres d'or - Eloge du rien - Le colporteur - La vie passante - Un livre inutile
Aux Editions Lettres Vives
- L'enchantement simple. - Le huitième jour de la semaine. - L'autre visage. - L'éloignement du monde. - Mozart et la pluie.
Aux Editions Paroles d'Aube
- La merveille et l'obscur.
Aux Editions Le Temps qu'il fait
- Isabelle Bruges. - Quelques jours avec elles. - L'épuisement. - L'homme qui marche. - L'équilibriste.
Livres pour enfants
- Clémence grenouille. - Une conférence d'Hélène Cassicadou. - Gaël premier roi d'Abîmmmmmme et de Mornelonge. - Le jour où Franklin mangea le soleil.
Aux Editions Théodore Balmoral
- Coeur de neige.
Editions Le Fennec
- L'attention thématique n°2 : le grâce de la solitude.
A lire absolument : "La présence pure" (Le Temps Qu'il Fait- 1999) : roman et poème qui brise le tabou de la mort et parle si justement de la maladie d'Alzheimer :
Extrait :
"Il ne se reconnaît plus sur les photographies. Il n'y reconnaît pas non plus les siens. Quand on les lui nomme, il a les yeux brillants de joie, émerveillé de se découvrir des enfants comme s'ils venaient de naître. Ce qu'il savait du monde et de lui-même est effacé par la maladie, comme une éponge sur un tableau. Le tableau est grand, il est impossible de l'essuyer en une seule fois, mais de nombreuses phrases ont déjà disparu. La maladie d'Alzheimer enlève ce que l'éducation a mis dans la personne et fait remonter le cœur en surface."
Extrait d'une émission de France3 Bourgogne consacrée à Christian Bobin.
"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."
Extrait d'une interview de C. Bobin parue dans Nouvelles clés :
N. C. : En vous lisant, on se dit que, pour vous, l’essentiel tient aux détails...
C. B. : Ça va avec le reste, avec cet autre système mental - le mot “système” me heurte un peu, mais pour aller vite je le dirai quand même - : ce mélange d’apathie et de détachement, qui permet une acuité formidable sur ce qui se passe. Au fond, c’est aussi bête que ça. C’est-à-dire que je me sens, dans la société, comme le gosse dans la cour de récréation qui ne participe pas aux jeux des autres. Ce n’est pas qu’il soit rejeté. Ce n’est pas qu’il méprise les autres - j’étais plutôt éperdu d’admiration. Mais je faisais toujours un pas de côté... Tous les enfants sont là, dans la cour, ils sautent, ils crient, ils jouent. Et c’est très bien.
Mais il y en a un qui est à l’écart, assis dans un coin, et qui regarde. Il a une vue fabuleuse sur ce qui se passe. Eh bien, pour moi, cette situation n’a jamais pris fin. Je suis toujours là, assis dans la cour de récréation."
Né le 24 avril 1951 au Creusot (71) de parents ouvriers, enfant solitaire, fait des études de philosophie, il écoute les êtres et les choses et il écrit. Cela lui suffit et remplit sa vie.
À lire de Christian Bobin :
«Louise Amour» aux éditions Gallimard - 2004
- La Part manquante. - La femme à venir. - Une petite robe de fête. - Le très-bas. - L'inespérée. - La folle allure. - La plus que vive. - Autoportrait au radiateur. - Geai.
Aux Editions Fata Morgana
- Souveraineté du vide - collection Folio - L'homme du désastre - Lettres d'or - Eloge du rien - Le colporteur - La vie passante - Un livre inutile
Aux Editions Lettres Vives
- L'enchantement simple. - Le huitième jour de la semaine. - L'autre visage. - L'éloignement du monde. - Mozart et la pluie.
Aux Editions Paroles d'Aube
- La merveille et l'obscur.
Aux Editions Le Temps qu'il fait
- Isabelle Bruges. - Quelques jours avec elles. - L'épuisement. - L'homme qui marche. - L'équilibriste.
Livres pour enfants
- Clémence grenouille. - Une conférence d'Hélène Cassicadou. - Gaël premier roi d'Abîmmmmmme et de Mornelonge. - Le jour où Franklin mangea le soleil.
Aux Editions Théodore Balmoral
- Coeur de neige.
Editions Le Fennec
- L'attention thématique n°2 : le grâce de la solitude.
A lire absolument : "La présence pure" (Le Temps Qu'il Fait- 1999) : roman et poème qui brise le tabou de la mort et parle si justement de la maladie d'Alzheimer :
Extrait :
"Il ne se reconnaît plus sur les photographies. Il n'y reconnaît pas non plus les siens. Quand on les lui nomme, il a les yeux brillants de joie, émerveillé de se découvrir des enfants comme s'ils venaient de naître. Ce qu'il savait du monde et de lui-même est effacé par la maladie, comme une éponge sur un tableau. Le tableau est grand, il est impossible de l'essuyer en une seule fois, mais de nombreuses phrases ont déjà disparu. La maladie d'Alzheimer enlève ce que l'éducation a mis dans la personne et fait remonter le cœur en surface."
Extrait d'une émission de France3 Bourgogne consacrée à Christian Bobin.

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