Des traces d'antibiotiques, antidépresseurs, anticancéreux, et de nombreux autres médicaments sont retrouvées dans les cours d'eau. Les stations d'épuration ne sont pas conçues pour les éliminer.


Attention, avaler un comprimé pour le mal de tête peut être dangereux... pour l'environnement ! Via les urines, des résidus de médicament se retrouvent dans l'eau des rivières. Des chercheurs ont identifié dans les cours d'eau français des résidus de molécules d'ibuprofène et de paracétamol. Mais aussi des composants de pilule contraceptive, traitements de la ménopause, antidépresseurs, anticancéreux, antibiotiques... C'est en observant la féminisation des poissons mâles dans certains cours d'eau que l'on a suspecté l'action des contraceptifs. « Tout ce qui est consommé, nous le trouvons dans l'eau à plus ou moins grande échelle, rapporte Hélène Buzinski, chercheuse au CNRS et à l'université de Bordeaux, une des premières à s'être intéressée au problème en 2002. Même des résidus d'héroïne et de cocaïne ! »
Les stations d'épuration ne sont pas assez puissantes pour éliminer ces molécules, que l'on ne commence à détecter que depuis une dizaine d'années. À mesure que les rejets industriels, pesticides, métaux lourds étaient mieux traités, des pollutions de plus en plus fines ont été relevées. Les molécules médicamenteuses sont de l'ordre du nanogramme par litre.