Par Jean Pierre Crochet, vendredi 17 octobre 2008 à 06:00
L’orientation dans le système éducatif français,
au collège et au lycée.
Rapport pour le HCE, préparé par M. Duru-Bellat, avec la collaboration d’E.Perretier
Des conclusions :
1) l’orientation se contente, pour une large part, d’entériner des inégalités de réussite scolaire souvent très précoces et marquées par de fortes inégalités sociales ;
2) l’appréhension de la valeur scolaire, paramètre décisif, est relativement fragile et contingente : les notes scolaires sont en effet marquées par des biais d’établissement, parce qu’on évalue nécessairement un élève au sein d’un contexte donné ;
3) le poids donné aux notes (versus à l’âge, à la motivation…) varie lui-même selon les multiples conseils de classe qui régissent l’orientation de manière extrêmement décentralisée, donc très contextualisée ;
4) le poids des critères scolaires équivaut à classer de manière unidimentionnelle toutes les orientations, à rabattre toutes les différences entre filières sur des inégalités eu égard aux matières « principales » ; l’orientation vers les filières professionnelles se fait par conséquent par défaut, et leurs élèves sont définis avant tout par leurs faiblesses dans tout ce qui est verbo-conceptuel. Ceci tend à disqualifier la notion de projet (puisqu’un élève pourra se voir barré de la spécialité qu’il vise du fait de son niveau en mathématiques), et également à dévaloriser la voie professionnelle et les emplois auxquels elle mène, qu’occuperont pourtant un jeune sur deux à leur entrée dans la vie active (les enquêtes du CEREQ montrent qu’un jeune sur deux environ s’insère comme ouvrier ou employé).
Ensuite, au-delà du poids des notes, le fonctionnement de l’orientation apparaît foncièrement réactif : les conseils se contentent de réagir aux demandes des « usagers », entérinant ainsi les inégalités sociales ; et ce en s’en tenant seulement à des règles de niveau scolaire minimum elles-mêmes fluctuantes (cf. le point précédent). Au total, l’orientation est impérative pour les plus faibles des élèves, fort libérale pour tous les autres.
Consultez le rapport intégral
Rapport pour le HCE, préparé par M. Duru-Bellat, avec la collaboration d’E.Perretier
Des conclusions :
1) l’orientation se contente, pour une large part, d’entériner des inégalités de réussite scolaire souvent très précoces et marquées par de fortes inégalités sociales ;
2) l’appréhension de la valeur scolaire, paramètre décisif, est relativement fragile et contingente : les notes scolaires sont en effet marquées par des biais d’établissement, parce qu’on évalue nécessairement un élève au sein d’un contexte donné ;
3) le poids donné aux notes (versus à l’âge, à la motivation…) varie lui-même selon les multiples conseils de classe qui régissent l’orientation de manière extrêmement décentralisée, donc très contextualisée ;
4) le poids des critères scolaires équivaut à classer de manière unidimentionnelle toutes les orientations, à rabattre toutes les différences entre filières sur des inégalités eu égard aux matières « principales » ; l’orientation vers les filières professionnelles se fait par conséquent par défaut, et leurs élèves sont définis avant tout par leurs faiblesses dans tout ce qui est verbo-conceptuel. Ceci tend à disqualifier la notion de projet (puisqu’un élève pourra se voir barré de la spécialité qu’il vise du fait de son niveau en mathématiques), et également à dévaloriser la voie professionnelle et les emplois auxquels elle mène, qu’occuperont pourtant un jeune sur deux à leur entrée dans la vie active (les enquêtes du CEREQ montrent qu’un jeune sur deux environ s’insère comme ouvrier ou employé).
Ensuite, au-delà du poids des notes, le fonctionnement de l’orientation apparaît foncièrement réactif : les conseils se contentent de réagir aux demandes des « usagers », entérinant ainsi les inégalités sociales ; et ce en s’en tenant seulement à des règles de niveau scolaire minimum elles-mêmes fluctuantes (cf. le point précédent). Au total, l’orientation est impérative pour les plus faibles des élèves, fort libérale pour tous les autres.
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