Dès le CM2, d’importantes disparités se manifestent en matière d’obésité. Certes, elle ne touche encore qu’environ 4 % des enfants. Cependant, la proportion d’enfants diffère fortement selon la catégorie sociale à laquelle appartiennent les individus. 0,6 % enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures scolarisés en classe de CM2 souffrent d’obésité, contre 6,1 % des enfants d’ouvriers.
Le constat est similaire en classe de troisième, même si les chiffres sont difficilement comparables. Un peu plus de 12% de l’ensemble des élèves de troisième ont un problème de surpoids et un peu plus de 4% ont un problème d’obésité. Mais la proportion d’enfants en surpoids dont le père est cadre supérieur est de 8 %, contre près du double pour les fils d’ouvriers non qualifiés.
L’obésité a des répercussions négatives importantes sur la santé et la vie des personnes qui sont concernées et l’écart entre milieux montre l’importance des pratiques sociales. Il ne faut pas néanmoins oublier de s’interroger sur les normes véhiculées par notre société : à quel moment il s’agit effectivement d’un problème de santé et quand mesure-t-on l’écart à un idéal de minceur des catégories plus favorisées ? Selon les époques, les pays et les milieux sociaux, la notion de surpoids n’est pas toujours identique. En France, à l’âge de 10 ans, un enfant qui mesure 1,35 m est en surpoids à partir de 37 kg et jugé obèse à partir de 44 kg. Par ailleurs, le danger est aussi de stigmatiser des populations au nom de pratiques hors normes (notamment alimentaires) , alors que des paramètres génétiques peu maîtrisables entrent aussi en compte.
Source : Observatoire des inégalités