"Je ne suis pas d’accord avec le concept d’inclusion sociale. Les plus pauvres ne sont pas "exclus", ils ont une fonction actuellement dans la société, en étant une réserve du système capitaliste. Le système a besoin de cette réserve pour exister, de cette somme de gens qui ne travaillent pas, qui sont dans la pauvreté. Cette "partie faible" alimente le système. Il ne s’agit pas de les inclure dans ce système, puisqu’ils y sont déjà, mais de transformer le système pour qu’ils puissent changer de place".
Valéria Pinheiro, juriste dans un centre d’économie solidaire et de formation politique, vit en banlieue de Fortaleza, mégapole du Nordeste brésilien (interviewée par Agnès Rousseaux pour Basta).


Les politiques de lutte contre la pauvreté "visent plutôt à réguler la pauvreté, et à en faire un instrument de reproduction des mécanismes de pouvoir. Ces politiques visent à contenir la pauvreté, à éviter, certes, son trop grand accroissement, mais en même temps à la préserver tout en la régulant. [...] La question n’est pas celle de la bonne ou de la mauvaise foi des hommes politiques, mais celle de la fonctionnalité politique de la pauvreté"
Lautier, B., « Pourquoi faut-il aider les pauvres ? Une étude critique du discours de la Banque mondiale sur la pauvreté », in Revue Tiers Monde, t. XLIII, n°169.

La Banque mondiale a davantage besoin des pauvres qu’ils n’ont besoin d’elle, parce que "la simple présence physique de plus d’un milliard de « pauvres absolus » justifie son existence et son engagement, renouvelé à défaut d’être efficace, en faveur de la réduction de la pauvreté".
George, S., Sabelli, F., « Crédits sans frontières. La religion séculaire de la Banque mondiale », Ed. La Découverte.


Oh ! Si tu jettes un œil sur Terre, par dessus les nuages,
Tu verras qu'y en a bien du monde qui loge chez m'sieur Chagrin
Ou chez dame Misère et qu'y a bien qu'chez eux qu'on partage,
Qu'on partage la mort, la maladie et la faim…


« Qu'le mauvais sort s'acharne,
D'la sorte c'est un drame
Ne pourrait-on faire quelque chose ? » me demandait Marie-charlotte.
Allons n'soyez pas sotte
C'n'est tout d'même pas d'notre faute
Si l'malheur des autres fait l'bonheur d'ceux auxquels il rapporte !


Et puis Ma Chère, vivre riche et bienheureux…
C'est p't-être déjà bien,… C'est certains .
Mais sans un parterre de bougres et de malheureux…
Oooh ! Ca n'aurait goût à rien !


Oh ! sans vous les tristes bougres, sans vous les humbles gens
Sans vous les malheureux, les malchanceux, les mal-lôtis…
Vraiment que serions-nous, nous les bien portants,
Les gagnants du loto, nous les élus, nous vernis ?


Sans vous, on n'pourrait
Pas fair' preuve de pitié
Pas faire œuvre de charité et pas faire passer nos repas !
Quand on vous donne un sou
Vous n'savez pas comme c'est doux
Tout chaud à l'intérieur, tout sucre ; on s'sent tout d'suite meilleur !


R'gardez moi bien filer une pièce à ce vaurien…
Oui messieurs…Moi j'ai les moyens !
Faut qu'je m'informe vu tout c'que j'donne aux clodos…
c'est p't-être déductible des impôts !


Quand on vous voie à la télé vous qui, comme disent les journalistes
« Vivez sous l'seuil d'la pauvreté » on croise les doigts et on s'attriste.
Nous qui vivons avec aisance, qui avons toujours eu de la chance
On sert fort les fesses car la vie est d'plus en plus dûre ces temps-ci.


Si tu n'me crois pas
Regarde y à deux fois
Et dis moi qui n'a pas besoin de l'aide des autres ici ?
Vraiment, il n'y a plus guère que dans l'humanitaire
qu'on peut faire fortune et bien gagner sa vie…
On est à deux doigts « d'l'implosion sociale » …
M'ssieur l'Directeur Général !
Allons, mon cher ! Cessez de dramatiser…
Investissez dans la pauvreté !


« Voilà m'ssieurs dames un crédit à 60% étalé sur 210 ans … »
Une fois encore à la dernière seconde,
les pauvres auront sauvé le monde !
Quel monde.


Chanson "De l'utilité des pauvres" par les Malpolis


Baillargues. Une petite commune de la périphérie est de Montpellier. Discrète, le long de la 113. Pourtant, 71 foyers fiscaux y déclarent en moyenne 628 148 euros par an. Ce qui en fait l'une des 158 communes de France dans lesquelles les foyers riches sont les plus riches.
Source : Le Midi Libre et Le Point n° 1898.


Carte : les 158 "repaires" de riches.