Par Jean Pierre Crochet, jeudi 12 février 2009 à 07:38
Arnaldur Indridason : Hiver arctique
"Un soir glacial de janvier à Reykjavik, le corps d’un petit garçon de 10 ans poignardé, Elias, est retrouvé au pied d’un immeuble de banlieue. Ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande. Erlendur et ses enquêteurs inséparables, Elinborg et Sigurdur Oli n’ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère Sunee. Erlendur va explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée".
Les réactions xénophobes islandaises ressemblent étrangement à ce que l’on peut voir et entendre un peu partout dans le monde.
Arnaldur Indridason a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le Prix Clé de Verre du roman noir scandinave.
Kjartan Fløgstad : Grand Manila
Union Carbide (industrie de la chimie, à l’origine de nombreuses catastrophes industrielles, notamment celle de Bhopal en Inde, en 1984) est le personnage central de ce roman, Kjartan Fløgstad décrit les destins d’ouvriers d’une fonderie de Sauda, au sud de la Norvège, qui a longtemps appartenu à cette multinationale.
Le roman constitue un hommage bouleversant à la beauté des gestes accomplis par les ouvriers, à leur courage et leur virtuosité (personnage de Salme, poétesse finlandaise royaliste obligée de fuir son pays au moment de la guerre civile de 1918, qui deviendra une grande représentante du mouvement syndicaliste ouvrier dans l’Amérique des années 1930). Grâce à ses talents de narration, Fløgstad rend palpitant le phénomène de croissance industrielle à l’origine de l’enrichissement de groupes tels que Union Carbide tout en retranscrivant la brutalité de leur reconversion, dans un monde où la finance et la communication ont définitivement pris le pouvoir.
Kjartan Fløgstad est un poète, romancier, nouvelliste et essayiste norvégien né en 1944 à Sauda. Après le baccalauréat et un passage à l'École polytechnique de Trondheim, il étudie la linguistique à l'Université de Bergen, mais abandonne bientôt les études pour devenir ouvrier d'usine, puis graisseur sur un cargo norvégien. Aventurier moderne, il a voyagé un peu partout dans le monde et surtout en Amérique latine. Il a d'ailleurs traduit en néo-norvégien Neruda, Cortázar, et d'autres grandes figures de la littérature latino-américaine.
A 33 ans, Fløgstad a reçu le prestigieux prix du Conseil Nordique pour son roman Le Chemin de l’Eldorado (publié en français aux éditions Esprit ouvert), qui a été récompensé également dix ans plus tard par le Prix Pégase aux Etats-Unis. En 2008, Fløgstad a reçu le Brageprisen d'honneur pour l'ensemble de son œuvre.
Sigrid Undset : Kristin Lavransdatter
Sigrid Undset (née le 20 mai 1882 à Kalundborg au Danemark1882, décédée en 1949) reçut le Prix Nobel en 1928, pour son incontournable description de la vie au Moyen Âge (merveilleuse conteuse, qui alliait des connaissances historiques approfondies à une compréhension aiguë de la condition humaine), la trilogie de Kristin Lavransdatter (1920-1922) qui s'est hissée au rang de classique mondial. Au cours des années trente, les livres de Sigrid Undset tombèrent sous le coup de la censure allemande, ce qui obligea leur auteur, au moment de l'invasion de la Norvège par les forces nazies, à quitter son pays natal. Emigrée aux Etats-Unis, elle continua à soutenir la Résistance norvégienne. De retour après la guerre, elle fut décorée de la Grande Croix de St. Olav, tant pour ses écrits que pour son engagement patriotique. La production littéraire de Sigrid Undset comprend plus d'une trentaine de titres et a été traduite dans de nombreuses langues.
Sigrid Undset s’empare du Moyen-Âge scandinave pour dépeindre la vie de Christine Lavransdatter, jeune femme qui ose vivre sans craindre de briser les tabous sociaux et religieux de son temps. Décrivant avec une exactitude féroce les conditions de vie de l’époque, Sigrid Undset nous offre le tableau sublime d’une existence tragique, celle de Christine, une des plus belles figures de femme que la littérature ait produite.
Ces presque 1400 pages, tout comme les 1200 pages du cycle Olav Audunssøn, sont pour cette raison intemporelles : elles sont animées par des êtres de chair et de sang, qui seraient pratiquement comme des voisins. L'action se déroule dans l'Oslo que l'auteur connaît si bien, dans la vallée du Gudbrandsdal ou le Trøndelag de son père. Une nature qu'elle connaît intimement et qui aujourd'hui est toujours là, la même qu'il y a 70 ans, la même depuis le 13e siècle.
A la fin des années 30, elle se lance dans un nouveau cycle historique, situé cette fois au 18e siècle. Elle n'achèvera que le premier tome, Madame Dorthea, qui sera publié en 1939. La Deuxième Guerre mondiale va briser l'écrivain, tant sur le plan personnel que du point de vue artistique. Elle n'achèvera pas sa fresque scandinave. La guerre accaparera toutes ses forces.
Outre ses romans réalistes et des recueils de nouvelles, elle participe au débat public sur les thèmes de fond et d'actualité : la condition féminine, les questions d'éthique et de morale. Sa verve de polémiste est redoutable, sa critique du féminisme catégorique. Elle rejette la débâcle morale qu'incarne la première guerre mondiale, malgré le relatif éloignement de la Norvège et sa neutralité durant le conflit.
Ces dernières années, l'attrait qu'exercent Sigrid Undset et ses écrits n'a cessé de grandir. On voit un nouvel engouement pour ses oeuvres, et en particulier pour Kristin Lavransdatter, qui reste un des romans les plus vendus et les plus lus de Norvège. Les adaptations à la scène se multiplient, telle la production théâtrale finno-norvégienne mise en musique par le bassiste de jazz Arild Andersen.
En 1995 le film (adaptation cinématographique du premier volet de la trilogie Kristin Lavransdatter réalisé par Liv Ullmann) qui dure plus de 3 heures en version originale, suit l'enfance de Kristin à la ferme auprès de son père Lavrans, s'attache à l'histoire d'amour qui la lie à Erlend et se termine sur le mariage contre la volonté des parents. Le tournage s'est principalement déroulé dans une vallée de Norvège, où l'on a reconstitué minutieusement l'habitat fermier médiéval. La contribution de grands artistes norvégiens et de Sven Nyquist, le directeur de la photographie de Bergmann, explique sans doute le succès immédiat du film.
"Un soir glacial de janvier à Reykjavik, le corps d’un petit garçon de 10 ans poignardé, Elias, est retrouvé au pied d’un immeuble de banlieue. Ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande. Erlendur et ses enquêteurs inséparables, Elinborg et Sigurdur Oli n’ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère Sunee. Erlendur va explorer tous les préjugés qu’éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée".
Les réactions xénophobes islandaises ressemblent étrangement à ce que l’on peut voir et entendre un peu partout dans le monde.
Arnaldur Indridason a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le Prix Clé de Verre du roman noir scandinave.
Kjartan Fløgstad : Grand Manila
Union Carbide (industrie de la chimie, à l’origine de nombreuses catastrophes industrielles, notamment celle de Bhopal en Inde, en 1984) est le personnage central de ce roman, Kjartan Fløgstad décrit les destins d’ouvriers d’une fonderie de Sauda, au sud de la Norvège, qui a longtemps appartenu à cette multinationale.
Le roman constitue un hommage bouleversant à la beauté des gestes accomplis par les ouvriers, à leur courage et leur virtuosité (personnage de Salme, poétesse finlandaise royaliste obligée de fuir son pays au moment de la guerre civile de 1918, qui deviendra une grande représentante du mouvement syndicaliste ouvrier dans l’Amérique des années 1930). Grâce à ses talents de narration, Fløgstad rend palpitant le phénomène de croissance industrielle à l’origine de l’enrichissement de groupes tels que Union Carbide tout en retranscrivant la brutalité de leur reconversion, dans un monde où la finance et la communication ont définitivement pris le pouvoir.
Kjartan Fløgstad est un poète, romancier, nouvelliste et essayiste norvégien né en 1944 à Sauda. Après le baccalauréat et un passage à l'École polytechnique de Trondheim, il étudie la linguistique à l'Université de Bergen, mais abandonne bientôt les études pour devenir ouvrier d'usine, puis graisseur sur un cargo norvégien. Aventurier moderne, il a voyagé un peu partout dans le monde et surtout en Amérique latine. Il a d'ailleurs traduit en néo-norvégien Neruda, Cortázar, et d'autres grandes figures de la littérature latino-américaine.
A 33 ans, Fløgstad a reçu le prestigieux prix du Conseil Nordique pour son roman Le Chemin de l’Eldorado (publié en français aux éditions Esprit ouvert), qui a été récompensé également dix ans plus tard par le Prix Pégase aux Etats-Unis. En 2008, Fløgstad a reçu le Brageprisen d'honneur pour l'ensemble de son œuvre.
Sigrid Undset : Kristin Lavransdatter
Sigrid Undset (née le 20 mai 1882 à Kalundborg au Danemark1882, décédée en 1949) reçut le Prix Nobel en 1928, pour son incontournable description de la vie au Moyen Âge (merveilleuse conteuse, qui alliait des connaissances historiques approfondies à une compréhension aiguë de la condition humaine), la trilogie de Kristin Lavransdatter (1920-1922) qui s'est hissée au rang de classique mondial. Au cours des années trente, les livres de Sigrid Undset tombèrent sous le coup de la censure allemande, ce qui obligea leur auteur, au moment de l'invasion de la Norvège par les forces nazies, à quitter son pays natal. Emigrée aux Etats-Unis, elle continua à soutenir la Résistance norvégienne. De retour après la guerre, elle fut décorée de la Grande Croix de St. Olav, tant pour ses écrits que pour son engagement patriotique. La production littéraire de Sigrid Undset comprend plus d'une trentaine de titres et a été traduite dans de nombreuses langues.
Sigrid Undset s’empare du Moyen-Âge scandinave pour dépeindre la vie de Christine Lavransdatter, jeune femme qui ose vivre sans craindre de briser les tabous sociaux et religieux de son temps. Décrivant avec une exactitude féroce les conditions de vie de l’époque, Sigrid Undset nous offre le tableau sublime d’une existence tragique, celle de Christine, une des plus belles figures de femme que la littérature ait produite.
Ces presque 1400 pages, tout comme les 1200 pages du cycle Olav Audunssøn, sont pour cette raison intemporelles : elles sont animées par des êtres de chair et de sang, qui seraient pratiquement comme des voisins. L'action se déroule dans l'Oslo que l'auteur connaît si bien, dans la vallée du Gudbrandsdal ou le Trøndelag de son père. Une nature qu'elle connaît intimement et qui aujourd'hui est toujours là, la même qu'il y a 70 ans, la même depuis le 13e siècle.
A la fin des années 30, elle se lance dans un nouveau cycle historique, situé cette fois au 18e siècle. Elle n'achèvera que le premier tome, Madame Dorthea, qui sera publié en 1939. La Deuxième Guerre mondiale va briser l'écrivain, tant sur le plan personnel que du point de vue artistique. Elle n'achèvera pas sa fresque scandinave. La guerre accaparera toutes ses forces.
Outre ses romans réalistes et des recueils de nouvelles, elle participe au débat public sur les thèmes de fond et d'actualité : la condition féminine, les questions d'éthique et de morale. Sa verve de polémiste est redoutable, sa critique du féminisme catégorique. Elle rejette la débâcle morale qu'incarne la première guerre mondiale, malgré le relatif éloignement de la Norvège et sa neutralité durant le conflit.
Ces dernières années, l'attrait qu'exercent Sigrid Undset et ses écrits n'a cessé de grandir. On voit un nouvel engouement pour ses oeuvres, et en particulier pour Kristin Lavransdatter, qui reste un des romans les plus vendus et les plus lus de Norvège. Les adaptations à la scène se multiplient, telle la production théâtrale finno-norvégienne mise en musique par le bassiste de jazz Arild Andersen.
En 1995 le film (adaptation cinématographique du premier volet de la trilogie Kristin Lavransdatter réalisé par Liv Ullmann) qui dure plus de 3 heures en version originale, suit l'enfance de Kristin à la ferme auprès de son père Lavrans, s'attache à l'histoire d'amour qui la lie à Erlend et se termine sur le mariage contre la volonté des parents. Le tournage s'est principalement déroulé dans une vallée de Norvège, où l'on a reconstitué minutieusement l'habitat fermier médiéval. La contribution de grands artistes norvégiens et de Sven Nyquist, le directeur de la photographie de Bergmann, explique sans doute le succès immédiat du film.

1. Le dimanche 11 octobre 2009 à 16:09, par genevieve
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