Par Jean Pierre Crochet, samedi 30 mai 2009 à 06:03
Une Semaine de Péché :
Une création de la Compagnie Pièces et Main d'Oeuvre
D'après le roman de Folke Fridell
Mise en scène : Abdellatif Baybay
Tarifs : Mardi / mercredi / jeudi : 10€ Vendredi / samedi / dimanche : Plein tarif 17€ / Tarif réduit 13€ / Moins de 12 ans 8€ / Abonnés 8€
Konrad Jonson, ouvrier suédois, dit aussi le matricule 403, las d’attendre la Révolution, projette de la précéder et de s’opposer seul à l’usine. Pour cela, il décide de s’octroyer une semaine de congé, une semaine qu’il consacrera à « se créer lui-même ». La pièce décrit cette entreprise de libération d’un individu qui, de ses parents à l’usine, a passé son temps à faire ce qu’on attendait de lui. Et met merveilleusement en exergue l’ensemble des forces qui s’unissent pour faire avorter cette tentative, faisant apparaître, au-delà des adversaires attendus, la direction de l’entreprise, des oppositions auxquelles Konrad n’avaient pas initialement songé. Ses voisins, ses camarades du syndicat, son père, ses enfants, son univers entier paraît se liguer contre lui afin de faire échouer son projet de libération. Comme si ambitionner d’être libre, ne serait-ce que quelques jours constituait une audace inacceptable, le péché par excellence, comme si, au fond, les hommes se complaisaient dans les chaînes qui les entravent. Ce texte, écrit au cordeau par Folke Fridell, appartient à ce courant majeur de la littérature nordique du milieu du siècle dernier, celui des auteurs prolétariens, ces ouvriers qui prirent leur plume pour décrire au plus près la vie de leur classe et tirèrent de leurs expériences quelques chefs d’œuvre dont Une Semaine de Péché fait incontestablement partie. Très au-delà de la simple description matérialiste des conditions de vie d’un ouvrier scandinave de l’époque, Fridell signe ici un texte qui interroge notre liberté même, notre faculté à vivre au milieu des autres hommes sans se perdre nous-même. Et dessine un très beau portrait d’un homme ordinaire qui veut être, ne serait-ce que quelques jours un être humain à part entière et découvre peu à peu l’ampleur démesurée de ce projet. Une histoire assénée à coups de mots bruts, comme à la hache, à l’image de l’interprétation de Patrice Connard, le visage émacié, creusé au scalpel, allumant d’un coup d’une lueur enfantine son regard bleu, impénétrable, revenu de tout, et parvenant à conserver l’exacte mesure entre ironie et émotion, cynisme et humanité.
Lien vidéo pour se faire une idée du spectacle
D'après le roman de Folke Fridell
Mise en scène : Abdellatif Baybay
Tarifs : Mardi / mercredi / jeudi : 10€ Vendredi / samedi / dimanche : Plein tarif 17€ / Tarif réduit 13€ / Moins de 12 ans 8€ / Abonnés 8€
Konrad Jonson, ouvrier suédois, dit aussi le matricule 403, las d’attendre la Révolution, projette de la précéder et de s’opposer seul à l’usine. Pour cela, il décide de s’octroyer une semaine de congé, une semaine qu’il consacrera à « se créer lui-même ». La pièce décrit cette entreprise de libération d’un individu qui, de ses parents à l’usine, a passé son temps à faire ce qu’on attendait de lui. Et met merveilleusement en exergue l’ensemble des forces qui s’unissent pour faire avorter cette tentative, faisant apparaître, au-delà des adversaires attendus, la direction de l’entreprise, des oppositions auxquelles Konrad n’avaient pas initialement songé. Ses voisins, ses camarades du syndicat, son père, ses enfants, son univers entier paraît se liguer contre lui afin de faire échouer son projet de libération. Comme si ambitionner d’être libre, ne serait-ce que quelques jours constituait une audace inacceptable, le péché par excellence, comme si, au fond, les hommes se complaisaient dans les chaînes qui les entravent. Ce texte, écrit au cordeau par Folke Fridell, appartient à ce courant majeur de la littérature nordique du milieu du siècle dernier, celui des auteurs prolétariens, ces ouvriers qui prirent leur plume pour décrire au plus près la vie de leur classe et tirèrent de leurs expériences quelques chefs d’œuvre dont Une Semaine de Péché fait incontestablement partie. Très au-delà de la simple description matérialiste des conditions de vie d’un ouvrier scandinave de l’époque, Fridell signe ici un texte qui interroge notre liberté même, notre faculté à vivre au milieu des autres hommes sans se perdre nous-même. Et dessine un très beau portrait d’un homme ordinaire qui veut être, ne serait-ce que quelques jours un être humain à part entière et découvre peu à peu l’ampleur démesurée de ce projet. Une histoire assénée à coups de mots bruts, comme à la hache, à l’image de l’interprétation de Patrice Connard, le visage émacié, creusé au scalpel, allumant d’un coup d’une lueur enfantine son regard bleu, impénétrable, revenu de tout, et parvenant à conserver l’exacte mesure entre ironie et émotion, cynisme et humanité.
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