Xavier Darcos a réuni ce matin des représentants des chefs d’établissement, des parents d’élèves et des collectivités territoriales pour évoquer la question de la lutte contre l’introduction des armes dans les établissements scolaires.
Après avoir rappelé le caractère préoccupant de ce phénomène, notamment au collège, le ministre a affirmé sa volonté de sanctuariser les établissements scolaires en proposant des mesures autour de trois grands axes :
Dissuader : le ministre a proposé la mise en place de portiques de détection d’armes dans les établissements où les diagnostics de sécurité auront fait apparaître une difficulté récurrente à empêcher leur introduction. Il a également proposé que les chefs d’établissement et les conseillers principaux d’éducation (C.P.E.) puissent recevoir les moyens juridiques de contrôler le contenu des sacs des élèves lorsqu’ils l’estiment nécessaire, au moyen d’une habilitation spécifique qui leur serait donnée par la loi. Enfin, une force mobile d’agents assermentés, recrutés et formés, pourrait être placée auprès des recteurs pour intervenir dans les établissements, sous l’autorité des chefs d’établissement, dans le cadre de missions de prévention et de dissuasion.
Former : le ministre a proposé de renforcer la formation des chefs d’établissement et des conseillers principaux d’éducation à la gestion de ces nouvelles formes de violence. Par ailleurs, le ministre a rappelé sa volonté de voir les agressions commises sur les personnels de direction, de vie scolaire et sur les enseignants, faire l’objet de circonstances aggravantes, y compris lorsqu’elles se déroulent en dehors des établissements scolaires.
Responsabiliser : le ministre a proposé que des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées puissent peser sur les parents qui ont définitivement démissionné afin de rappeler ces familles à leurs responsabilités.
Le ministre de l’Éducation nationale soumettra aujourd’hui ces propositions au Président de la République et au Premier ministre.
Communiqué du Ministère
Un article de Maryline Baumard dans
le Monde sur la détention des armes blanches.
Les participants à la réunion se sont dans l'ensemble félicités d'être sortis du "flou" sur certains points du plan anti-violence du ministre. Pour autant, ce plan est encore loin de faire l'unanimité. Le président de la fédération de parents d'élèves Peep, Philippe Vrand, a notamment parlé de "propositions raisonnables", donnant son "aval" aux "portiques" et aux "nouvelles prérogatives" pour les fouilles, mais en revanche pas aux sanctions des parents.
"Il ne semble pas que les propositions faites aujourd'hui soient extraordinairement stabilisées. Il y a des marges d'évolution relativement importantes", a expliqué de son côté Philippe Tournier, secrétaire général de la SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement. Ce dernier a par ailleurs assuré que l'Assemblée des départements de France (ADF) a marqué au cours de la réunion son "total désaccord" avec le ministre. Xavier Darcos, de son côté, a indiqué sa "grande déception" de voir que l'ADF et l'Association des régions de France avaient traité ce dossier "un peu par-dessus la jambe".
Source : Le Figaro
Fréderic Fappani est spécialiste des sciences de l'éducation. Auteur de plusieurs contributions et cadre au sein d'une œuvre de protection de l'enfance, il travaille aujourd'hui auprès des adolescents du 19e arrondissement et répond aux questions de la rédaction de
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